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Herschel,
un satellite bordelais
Trois
questions à Philippe Caïs, Responsable
du département Electronique au Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux (Lab)
Quelle
est la genèse du satellite Herschel ?
C’est
la suite des satellites d’observation en infrarouge lancés notamment par
l’agence spatiale européenne (Esa). Après Iras, Iso et Spitzer, qui ont permis
de découvrir l’Univers en infrarouge, Herschel (en l’honneur de William
Herschel qui a découvert l’infrarouge) lancé fin avril par une Ariane5, fait
partie des satellites majeurs de l’Esa.
L’idée
d’Herschel est née dans les années 80 et celui-ci avait été inscrit dans la
prospective de l’Esa pour les années 1985-2005. L'Esa avait son plan de route
pour les dix années suivantes et Herschel a dès lors fait partie des
satellites majeurs et prioritaires. La confirmation de son lancement a été
prise dans les années 2000 pour un lancement programmé en 2004 puis repoussé
régulièrement jusqu’à 2009.
Quelle
a été la participation des Aquitains dans ce projet ?
Les
Aquitains, avec les Toulousains, ont tout d'abord répondu à un l'appel d'offre
de l'Esa, en proposant un instrument à embarquer sur le satellite. Un
consortium de 22 laboratoires européens et américains a participé à la
réflexion et à la construction d’un instrument de cette plate-forme
d'observation de 7 mètres de haut et de 4.5 tonnes. En effet, Herschel possède
deux imageurs/photomètres en infrarouge, pour faire des cartes du ciel et des
mesures de l’intensité infrarouge, et un instrument hétérodyne, pour analyser
la composition chimique du milieu observé sur lequel le Lab est impliqué.
Le
Lab et le laboratoire IMS (Laboratoire de l'intégration du matériau au
système) de l’Université Bordeaux 1 ont élaboré un analyseur spectral qui se
trouve derrière le miroir pour analyser les données. Le Lab a donc participé
au niveau scientifique à la définition de l’instrument, puis a fabriqué la
partie d’analyse spectrale, et travaille activement à son étalonnage. Mais
surtout les scientifiques attendent avec impatience les données de la mission
qui apportera sûrement une moisson de résultats.
A
quoi va-t-il servir ?
Il
va être lancé loin de la Terre, sur un point d'équilibre, à 1,5 million de km
de la Terre, et gardera toujours le Soleil et la Terre dans la même direction
pour être protégé de leurs rayonnements.
Le
satellite Herschel est le plus gros télescope spatial. Il va observer les
rayonnements infrarouges très faibles pour remonter aux origines des galaxies
primitives qui sont nées juste après le Big-Bang. Il va aussi permettre
d’étudier la formation des étoiles dans notre Galaxie. Ces dernières se
forment dans des nuages composés d'hydrogène et de nombreuses molécules qui
ont un rôle très important dans ce processus, en particulier la molécule
d’eau. Ces molécules ont la propriété d’avoir chacune une signature
particulière que l'instrument est capable d'identifier. Grâce à leur spectre
nous sommes capables à la fois d'identifier les composés chimiques et aussi de
déterminer les conditions physiques du milieu (température, densité, vitesse
etc), ce qui va permettre de mieux comprendre la formation des étoiles et de
leur système de planètes.
Enfin,
nous allons observer plus particulièrement la composition en eau dans les
atmosphères des planètes de notre système solaire, afin de découvrir son
origine qui reste encore aujourd’hui inexpliquée. Ainsi, Herschel va nous
apporter des réponses fondamentales quant à l’origine des galaxies, des
étoiles et de leurs planètes, et répondre à la question de l’origine de l’eau
dans notre système solaire
(27
mars 2009)
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Un
ancien fleuve découvert en Lybie par des Bordelais de l'Oasu
Les
traces d’un ancien fleuve a été découvert en Lybie par une équipe
internationale coordonnée par Philippe Paillou de l’Observatoire aquitain des
sciences de l’univers (1). Le fleuve comparable en taille au Nil égyptien a
été mis à jour grâce aux données acquises par le radar imageur Palsar du
satellite Alos de l’agence spatiale japonaise Jaxa. Avec ce fleuve, c’est tout
un réseau hydrographique fossile, long de plus de 1200 km, qui reliait, il y a
plusieurs millions d'années le bassin de Kufrah à la mer Méditerranée « qui a
refait surface ».
Les
systèmes imageurs radar en orbite autour de la Terre permettent, dans
certaines conditions, d'explorer le sous-sol des régions arides jusqu'à
quelques mètres de profondeur. C'est en assemblant et en analysant plusieurs
centaines d'images radar que les chercheurs de l'Oasu ont mis en évidence le
lit de l’ancien fleuve, caché sous quelques mètres de dépôts éoliens, qui
entaillait les grès de l'est de la Libye sur plus d'un millier de kilomètres.
Cet
ancien système hydrographique était constitué par la réunification de trois
affluents qui traversaient le bassin de l'oasis de Kufrah dans le sud-est de
la Libye, pour se rejoindre à hauteur de l'oasis en un lit unique se dirigeant
ensuite vers la côte Méditerranéenne après s’être élargi en un vaste delta. Ce
delta se situe au milieu des grandes dunes de sable du désert libyque. Cela
pourrait expliquer l’énorme quantité de sable qui couvre de vastes étendues en
Libye et en Egypte.
L'étude
et la prise en compte d'un système hydrographique aussi important permettront
de mieux comprendre l'histoire climatique récente du Sahara, ainsi que son
impact sur la faune, la flore, et la dispersion des hominidés dans la région.
(30
janvier 2009)
(1) Oasu : Observatoire Aquitain des Sciences de
l'Univers Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux (INSU-CNRS, Université
Sciences et technologies de Bordeaux). http://www.oasu.u-bordeaux1.fr
Légende
: Le paléo-fleuve de Kufrah est représenté en bleu. La ligne rouge pointillée
est le chemin probable vers la mer Méditerrannée sous les dunes du désert
libyque Crédit : OASU Bordeaux (INSU-CNRS, Univ sciences et tecnologie
Bordeaux).
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Première
lumière du satellite GLAST
Glast, lancé le 11 juin 2008 depuis Cap
Canaveral en Floride a fourni ses premières images. Ce télescope spatial doit
permettre de lever le voile sur les nombreux mystères qui entourent les
sources connues de rayons gamma. Les premiers résultats sont très prometteurs.
La toute première image de ce programme, dévoilée le 26 août, est une vue du
ciel montrant le gaz brillant de la Voie lactée, des pulsars clignotants et
une galaxie située à des milliards d'années lumière particulièrement lumineuse
en raison d'un épisode d'activité intense.
Cette
image est une révolution pour l’observation spatiale. Elle combine en effet
seulement 95 heures de l'observation dite de « première lumière » alors qu’une
image similaire produite par le précédent satellite de la NASA, CGRO (Compton
Gamma-Ray Observatory), avait demandé des années d'observation.
Ces prises de vue sont possibles grâce à deux
instruments que les scientifiques ont testé et calibré après le lancement de
Glast : le LAT (Large Area Telescope) et le GBM (GLAST Burst Monitor).
Glast
doit détecter les évènements les plus violents de l’Univers et les
scientifiques espèrent qu’il découvrira de nombreux autres pulsars dans notre
Galaxie, qu'il révélera de puissants phénomènes aux abords des trous noirs
supermassifs au cœur de milliers de galaxies actives et qu'il permettra la
recherche d'indices de nouvelles lois physiques.
L’aventure
de ce satellite, qui devrait durer dix ans, en est seulement à ses débuts. (28
août 2008)
Glast, rebaptisé le « Fermi Gamma-Ray Space
Telescope », est développé par la NASA avec d’importantes contributions
internationales. Côté français, cinq équipes y participent dont le CENBG :
Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan (CNRS/Université de Bordeaux
1).
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