Point
de vue sur la ville !
Dimanche
20 décembre, 15h, Parc Palmer (Cenon)
Ce dimanche
20 décembre, quelques heures avant le solstice d’hiver, le plus petit jour de
l’année, nous en profiterons pour prendre du recul sur la ville depuis le parc
Palmer…
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Une
balade en compagnie d’Antoine Luginbühl et Rémy Bercovitz, tous deux
paysagistes, formés à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de
Paysage (ENSAP) de Bordeaux, et associés au sein de l’association des Passeurs
;
-
un
parcours pour partager nos différentes perceptions du paysage et prendre
conscience de la diversité de nos points de vue ;
-
un
temps aussi pour inverser les regards portés sur l’agglomération bordelaise :
voir la ville depuis la rive droite et réaliser que cette rive a aussi sa
valeur, notamment à travers une géographie, une histoire et une sociabilité
passionnantes ;
-
et
tout simplement, une occasion de contempler le panorama scintillant de
l’agglomération !
A
la rencontre d’Antoine Luginbuhl et Rémy Bercovitz, paysagistes, réunis au
sein de l’association des Passeurs.
Etre
paysagiste aujourd’hui, en deux mots, c’est quoi ?….
De la
transversalité
Le
métier de paysagiste est un métier mal connu. C’est pourtant un métier
magnifique, à la croisée de différents domaines : sciences de la nature et
sciences humaines, art et technique… C’est justement là sa spécificité : avoir
une connaissance de beaucoup de domaines, mais n’être spécialiste de rien. Le
paysagiste est un professionnel qui a une vision transversale et globale des
choses, ce qui lui permet de situer le projet urbain dans un ensemble
géographique et historique plus général et de donner de la cohérence à des
politiques d’aménagement du territoire par exemple.
Du
lien
Le
paysagiste d’aujourd’hui est aussi un médiateur, lien entre différentes
disciplines, mais aussi entre les gens, entre une population et son
territoire, entre la volonté des élus et les aspirations des habitants, entre
les éléments naturels et artificiels d’un environnement…Cette dimension
humaine est très importante, c’est elle qui caractérise la démarche du
paysagiste qui cherche à rassembler acteurs et habitants d’un territoire
autour d’un projet partagé. C’est le rôle du « passeur » de créer ou recréer
ces liens qui participent à l’ensemble de notre cadre de vie. Sans oublier
qu’un objectif majeur du paysagiste est d’apporter du bien être aux
populations, de faire « vivre mieux » les habitants dans leur cadre de vie
quotidien.
Antoine,
comment avez-vous décidé de devenir paysagiste ?
J’ai
toujours eu le désir de travailler avec la nature et d’œuvrer pour la société.
De plus, j’ai toujours ressenti une attirance pour la mise en scène,
l’architecture et l’aménagement, que je développe également dans la musique.
Ce sont ces différentes sensibilités qui m’ont conduit à la profession de
paysagiste. D’autre part, c’est sans doute d’avoir connu différents milieux
sociaux et cadres de vie, entre beaux quartiers et ghettos de banlieues, qui
m’a fait peu à peu prendre conscience de l’importance de l’environnement
quotidien. Cette vocation de paysagiste tient aussi à mon milieu familial,
socialement actif, qui a conditionné ma motivation à faire « pour les autres
». Et finalement, ce métier s’est révélé être en parfait accord avec mes
convictions et mes idéaux, me permettant de contribuer à l’évolution de la
société à laquelle j’aspire.
Et pour
vous Rémy ?
Je me
souviens pour ma part de ces interminables promenades solitaire dans les rues
de Paris. Je me souviens aussi de ces grands alignements de pommiers dans
notre maison familiale en Normandie. Ou encore des parties de pêche avec mon
père sur les bords de la Seine. Toutes ces rencontres m’ont convaincu dès le
plus jeune âge que le paysage constitue un élément essentiel du bien-être
individuel et social.
Pourquoi
avoir créé cette association des « Passeurs » ?
Antoine
Ma
vocation de « passeur », s’est déclenchée au cours de mes d’études à l’école
du paysage. Pendant ces années, mon envie de m’investir et de m’impliquer pour
une cause sociale par le biais du paysage s’est confirmée. Plus précisément,
en 2004, à la suite d’un colloque scientifique sur les relations entre la
recherche et l’action paysagère, j’ai pris conscience du fossé qui sépare les
différents domaines s’intéressant au paysage. De là est née l’idée de créer
l’association Passeurs. Puis en 2008, un projet participatif mené avec deux
amis paysagistes nous a motivés à faire évoluer l’association, en nous
attachant à la dimension démocratique du paysage, à la participation
populaire, avec la conviction que le paysagiste doit faire évoluer ses
méthodes de travail.
Rémy
A
mon sens, le paysage est au cœur des enjeux sociétaux actuels : que cela soit
au niveau du « développement durable » ou de la « gouvernance locale », les
paysagistes ont un rôle a jouer dans le mouvement des idées, et doivent
participer aux débats de sociétés. J’ai ainsi rejoint l’association Passeurs
parce qu’il me semblait que la pratique actuelle du projet de paysage ne
prenait pas assez en compte les aspirations des populations. Modestement nous
essayons de mettre en œuvre des démarches participatives innovantes. Nous n’en
sommes qu’au début et sur ce point beaucoup de choses restent à faire.
Dimanche,
nous serons avec vous deux au parc Palmer à Cenon pour échanger autour de ce
«point de vue sur la ville » . Quels thèmes aborderez-vous pendant de cette
balade ?
Au
cours de cette balade et de nos discussions avec le public, nous tenterons de
montrer les choses que révèlent le paysage et de comprendre les relations
entre les différents domaines qui le composent. La notion de paysage a cette
formidable plasticité qui fait que l’on peut évoquer tous les sujets. L’idée
est aussi d’inverser les regards portés sur l’agglomération bordelaise. De
voir cette ville depuis la rive droite et de dire que cette partie de la ville
a elle aussi une valeur, notamment à travers une géographie, une histoire et
une sociabilité passionnante. Mais le paysage c’est aussi une notion non
technique. Tous le monde peut le ressentir et s’exprimer à son propos, et nous
voulons avant tout créer un espace d’échange avec les participants.
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